C’est une question souvent posée par les dirigeants d’entreprises, car la résultante est souvent l’élément central qui va diriger la prise de décision, et influencer la continuité des affaires. La détermination du prix de vente d’une entreprise constitue souvent une étape délicate à fixer, et le résultat peut varier selon les contextes de négociation. Plusieurs éléments entrent dans le prix de vente, mais la détermination de la valeur intrinsèque constitue le départ des discussions entre les différentes parties. Depuis quelques années, l’évaluation des entreprises fait l’objet de travaux assez poussés, et le développement des éléments intangibles avec les nouvelles technologies ne facilitent pas cette mesure, pourtant primordiale dans la vie des affaires.
Des points de vue différents
Lorsqu’une entreprise est en vente, le vendeur et l’acheteur ont des intérêts symétriquement opposés, et leur perception va attribuer des valeurs différentes à la même entreprise. Le vendeur regarde le chemin parcouru à travers le temps et les tendances. Par conséquent, son évaluation est souvent tournée vers le passé, et il n’a pas forcément conscience des points faibles de son entreprise, ainsi que la véritable valeur de marché. Les aspects affectifs et psychologiques tiennent une place importante dans la valorisation de l’entreprise. Du coté de l’acquéreur, l’approche est principalement tournée vers l’avenir, et les opportunités futures. Il acquiert un outil de travail, la propriété intellectuelle, une clientèle, un savoir-faire, des produits… Il est disposé à payer un certain prix, en fonction de ses propres critères, mais le retour sur investissement est un paramètre fondamental pour la continuité de la transaction.
Juste valeur marchande
Il existe plusieurs méthodes d’évaluation, mais avant tout, il faut définir la valeur que nous voulons obtenir. Il y a une multitude de valeurs désignant toutes des mesures différentes (valeur d’exploitation, valeur d’usage, valeur de liquidation…), mais la référence utilisée est souvent la juste valeur marchande (JVM). Elle est définie de la manière suivante : « La JVM est le prix comptant le plus élevé qu’on peut obtenir, compte tenu des conditions générales du marché, lors de la vente d’un bien conclue entre des parties prudentes, bien informées, libres de toute contrainte et sans lien de dépendance ».
Il y a trois grandes familles d’approches réparties par les méthodes relatives (marché), par l’appréciation des actifs et par la rentabilité :
Approche par rapport au marché
La première approche est basée par rapport au marché avec les méthodes relatives, c’est à dire qu’on utilise un coefficient qui prend en compte les transactions antérieures en rapport avec les entreprises fermées (méthode des comparables). Il y a aussi la méthode des multiples qui utilise les données de marché des entreprises ouvertes. Ces méthodes sont très utilisées en pratique car elles sont simples, mais elle doivent servir de repère afin de recouper les résultats avec une autre formule.
Approche par l’appréciation des actifs
La deuxième approche est basée par l’appréciation des actifs, c’est à dire que les éléments intangibles ne sont pas pris en compte. Donc cette approche est utilisée principalement dans deux cas : • La compagnie cesse son exploitation (liquidation forcée ou ordonnée). L’avoir des actionnaires est redressé en prenant les ajustements relatifs à la valeur marchande, des coûts liés aux taxes et aux frais divers. • La compagnie continue son exploitation (ex : sociétés immobilières, holding). Dans ce cas, les actifs et les dettes sont ajustés à la valeur marchande.
Approche basée sur la rentabilité
Il s’agit d’une capitalisation ou d’une actualisation, et les variables sont principalement le bénéfice ou les flux monétaires. Cette méthode étant tournée vers l’avenir, il est important de valider tous les paramètres qui vont déterminer le taux d’actualisation ou de capitalisation, car des écarts importants peuvent apparaître, et rendre les résultats non pertinents. La méthode de l’actualisation tend à être plus utilisée, car elle permet de prendre en compte différentes étapes dans l’évolution d’une entreprise. Cependant, il est important d’être très réaliste sur le taux d’actualisation, mais surtout sur le taux de continuité, car la valeur de perpétuité représente souvent une partie importante de la JVM. Les flux futurs devront être validés entre autres par une démonstration réaliste de la stratégie marketing, et de la force de l’avantage concurrentiel.
Conclusion
L’évaluation d’une entreprise est une étape délicate, et il est vraiment important d’avoir une vue globale de l’entité, afin de faire des prévisions réalistes. Il ne faut pas oublier que ce rapport sert de base pour établir un prix de transaction, donc la pertinence des données et des méthodes doivent s’appuyer sur un raisonnement éclairé et du bon sens. Entre des parties de bonne foi ayant la volonté de transiger, une bonne évaluation aide à convaincre, à réussir et à durer.
(Pour des informations générales et complémentaires sur la relève : www.karpicek.net )
Denis Karpicek, MBA, post-MBA
Articles de cet auteur
- Business Staging - Comment augmenter la valeur de votre entreprise ?
- Accompagnement de la relève ou mentorat d’affaires ?
- Quel est le meilleur moment pour vendre votre PME ?
- Maintenir la valeur de l’entreprise malgré la récession
- Pourquoi est-il de plus en plus compliqué d’acquérir une entreprise ?
- [...]
|
|
|
|
Stratégie de communication Internet: Christelle Masson, MBA |
|
|
|
Copyright © 2003-2010. E3 Management Inc.- Denis Karpicek, Expert en finance corporative - Tous droits réservés |



