Pourquoi est-il de plus en plus compliqué d’acquérir une entreprise ?
Il y a quelques années, on prévoyait que 2006 marquerait un tournant dans les opérations d’acquisition d’entreprise au Canada. Les propriétaires baby-boomers commenceraient alors à partir massivement à la retraite, et donc vendre leur entreprise. Or, il n’en est rien.
Que se passe-t-il ? Il semble que les bouleversements économiques des ces dernières années découragent les propriétaires d’entreprise à vendre, car la vente ne serait pas franchement à leur avantage. Et cette tendance devrait se pousuivre, vu la crise financière que nous traversons actuellement.
Du coup, la recherche de la perle rare exige davantage de temps et d’énergie, et le candidat à la reprise d’entreprise doit être bien préparé afin d’éviter des pièges non seulement classiques, mais aussi nouveaux.
Procédez avec méthode
La présentation des états financiers ne constitue maintenant qu’un élément de la situation économique d’une entreprise. Une bonne santé financière, un faible endettement ainsi qu’une situation bénéficiaire ne garantissent plus un avenir florissant pour une entreprise.
Aujourd’hui, il faut également tenir compte de plusieurs phénomènes macro-économiques, y compris pour les PME, comme la montée du dollar canadien et la hausse du prix de l’énergie.
Le choix d’acheter une entreprise manufacturière doit donc être basé sur la capacité de celle-ci à générer des cash-flows soutenables dans le temps.
Tenez compte des mutations économiques
Auparavant, il était relativement aisé pour une entreprise qui exportait à l’étranger de surfer sur la vague de croissance. Le dollar canadien s’échangeait à 60 cents américains, les taux d’intérêt peu élevés, le coût de l’énergie faible, etc.
Résultat : les entreprises manufacturières qui en ont profité pour s’équiper récemment en matériel neuf et sophistiqué sont plus attrayantes que jamais pour les repreneurs.
Cela étant, avant de faire l’acquisition d’une entreprise manufacturière, mieux vaut vérifier les points suivants :
• Le prix de vente de l’entreprise a-t-il été établi en se basant uniquement sur les résultats passé, ou bien tiennent-ils compte de l’avenir ? • Les prix sont-ils établis en dollars canadiens ou américains ? • Quelle est la proportion des biens vendus à l’étranger en dollars américains ? • Quelle est l’ancienneté du matériel de production, et est-il compétitif ? • Quels sont les récents investissements effectués ? • Quel est l’impact du prix des matières premières et de l’énergie sur la marge brute ? • Les prévisions sont-elles soutenables en se basant sur le passé ? • Les employés clés sont-ils attachés à l’entreprise, et sont-ils proches ou loin de la retraite ?
Sautez sur les aubaines
La tendance et la crise économique nous laissent entrevoir une accélération des ventes d’entreprises, mais aussi de disparitions.
Reprendre une entreprise s’apparentait déjà à une opération complexe dans un cadre économique stable, mais aujourd’hui un repreneur se doit d’ évoluer dans un environnement en perpétuel changement.
Cela ne rend la situation que plus motivante, car les meilleures affaires se font souvent dans des conditions difficiles.
Denis Karpicek, MBA, post-MBA
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