Les orphelines

Les dirigeants de PME vieillissent et seront bientôt des milliers à céder leur place à des plus jeunes. Pourtant, la moitié d’entre eux n’y sont pas préparés.

Par Sylvie L. Rivard

Selon une étude réalisée en 2006 par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), plus de 66 % des propriétaires de PME au pays prévoient prendre leur retraite d’ici à dix ans. Au Québec seulement, cela regroupe pas moins de 150 000 chefs d’entreprise.

Le tourisme, le secteur primaire (agriculture, mines, forêts) et les services aux entreprises et aux particuliers sont spécialement touchés par la vague. Il est minuit moins une et, néanmoins, une PME sur deux (52 %) n’a toujours aucun plan pour le transfert de son entreprise. Et seulement 10 % ont couché sur papier leur plan de relève. Pourtant, des solutions existent.

Comment planifier la relève ?

La relève familiale, soit le transfert de l’entreprise à un ou plusieurs de ses enfants, est une des premières solutions à envisager pour planifier la transition. Le principal avantage de cette méthode est que la PME demeure au sein de la famille, explique Denis Karpicek, fondateur de Releve.ca et spécialiste en évaluation d’entreprises. « Le chef d’entreprise quitte en sachant que les valeurs de l’entreprise courent la chance d’être perpétuées par ses enfants. »

Mais cet exercice délicat entraîne parfois des querelles de famille. « Il faut éviter les choix émotifs, prévient Richard Fahey, vice-président Québec de la FCEI. Si notre enfant travaille dans l’entreprise et veut la racheter, il est important de bien évaluer s’il est la personne la mieux placée pour la diriger. »

Autre option : le rachat de l’entreprise par les cadres, soit par un ou plusieurs employés. « L’avantage est que ces derniers connaissent à fond l’entreprise et ses partenaires, dit Richard Fahey. Cette transition est rassurante pour les clients, les fournisseurs, les sous-traitants et les banquiers. » Mais si la négociation tourne au vinaigre parce que ces employés qui ont beaucoup investi dans l’entreprise ont des attentes par rapport au prix de vente, par exemple, le dirigeant risque de voir ces acheteurs potentiels quitter l’entreprise, met en garde Denis Karpicek. La valeur de revente en sera alors affectée.

Enfin, la vente de l’entreprise signifie qu’on se tourne vers un autre type d’acheteur, un concurrent par exemple. Pour Richard Fahey, c’est un choix de dernier recours. « Cette voie offre moins de contrôle sur le maintien des emplois et de l’activité économique dans la région », argue-t-il.

Toutefois, Denis Karpicek estime que le chef d’entreprise peut parfois vendre plus cher dans ce contexte. « De tels acheteurs peuvent être en mesure de trouver le capital nécessaire à l’achat de l’entreprise. Les vendeurs n’ont donc pas à financer la vente et à se faire rembourser progressivement, selon des termes négociés. Certaines offres alléchantes ne se présentent qu’une seule fois dans la vie… »

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