On a souvent l’impression qu’un transfert de compagnie constitue une négociation et une décision partagée entre un propriétaire et un successeur, mais on s’aperçoit rapidement que le financement est un élément-clé pour finaliser la transaction. Selon une étude récente de la FCEI, le manque de financement serait le premier obstacle à la réussite de ventes d’entreprises canadiennes. Dans la pratique, on s’aperçoit que certaines banques ont développé des produits qui se situent bien au-delà des prêts classiques garantis, mais certaines conditions sont nécessaires pour monter un dossier gagnant. Il y a trois grandes familles de financement qui peuvent être combinées en fonctions des particularités du dossier. Cela permet d’optimiser les coûts financiers, car les taux d’intérêt sont établis en fonction des risques encourus par les prêteurs.
Le financement classique
La première catégorie de financement est le prêt à terme classique, dont la garantie est prise sur les actifs tangibles de l’entreprise et du propriétaire. Ce type de prêt est destiné principalement aux entreprises possédant beaucoup d’actifs matériels (ex : manufactures). Le taux d’intérêt est manifestement le plus intéressant car le risque des prêteurs devient quasiment nul. Cependant, les critères d’acceptation relativement élevés ne permettent pas de répondre à certains dossiers à fort potentiel.
Le financement subordonné
La deuxième catégorie, le financement subordonné, est très intéressante car l’aspect stratégique se trouve intégré dans la méthodologie d’acceptation. Considéré comme de la quasi-équité, ce type de financement, proposé par quelques banques, est relativement flexible, et la banque prend en charge une partie du risque, car l’analyse du dossier est établie sur la qualité des flux monétaires actuels et futurs. Si ce type de prêt est attrayant, il est important de constituer un dossier sur une entreprise bénéficiaire, en bonne santé financière et de pouvoir démontrer le potentiel et la réalité des flux futurs. Cela permet d’intégrer des entreprises de services qui ont un potentiel de flux, mais pas nécessairement des immobilisations corporelles. Sur le même principe, une autre forme de financement est établie par une participation minoritaire au capital de l’entreprise. Cette forme de financement, est relativement souple et flexible, ce qui permet d’effectuer la transition de manière progressive. L’objectif étant d’assurer l’avenir et la croissance de l’entreprise, l’organisme financier joue aussi un rôle de conseil en apportant ses ressources d’experts au service de la compagnie.
Le capital de risque
La troisième forme de financement est constituée par le capital de risque qui va évaluer la qualité du potentiel de l’entreprise. Étant donné l’aspect risqué de ce type de financement, le taux de rendement exigé par les investisseurs est généralement très élevé, et ce mode de financement ne s’applique que rarement dans le cadre de l’économie traditionnelle. Cependant, l’analyse va être faite sur la qualité de l’équipe de gestion, l’avantage concurrentiel et la capacité d’innover, la taille du marché ainsi que sa position sur la courbe de vie.
La balance de vente du propriétaire
Lorsque les critères financiers ne sont pas réunis, il peut être établi une balance de vente à rembourser selon des conditions à établir et à négocier. Cela peut s’avérer très important dans certaines négociations, et les prêteurs sont généralement rassurés car le propriétaire sortant reste impliqué dans la compagnie, et a un intérêt à collaborer et à réussir la transition.
Conclusion
Au-delà des étapes de recherches, d’analyses et de négociations, il est primordial de bien connaître les outils financiers qui vont être utilisés lors de l’acquisition de l’entreprise. On a souvent tendance à se diriger du côté des financements classiques en consultant une banque traditionnelle, mais l’évolution démographique oblige les organismes financiers à réfléchir à cette problématique. Comme on peut le voir, certains répondent déjà aux besoins, mais le meilleur reste à venir.
Pour des informations conplémentaires, consulter E3 Management Inc.
Denis Karpicek, MBA, post-MBA
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