Obstacles auxquels se heurtent les
entrepreneurs des groupes des femmes, des jeunes, des Autochtones et des
minorités qui cherchent à obtenir du capital
Jeunes entrepreneurs
Caractéristiques démographiques
Selon des données de 1998
publiées par Développement des ressources humaines Canada (DRHC), plus
de 317 000 jeunes Canadiens âgés entre 15 et 29 ans (8 %) travaillaient
à leur compte, plus de la moitié de ce groupe ayant entre 25 et 29 ans.
Le ratio des hommes entrepreneurs sur les femmes entrepreneurs était de
1,3 pour 1, et les hommes entrepreneurs étaient deux fois plus nombreux
à travailler à temps plein que les femmes. Par ailleurs, 77 % des
entreprises appartenaient et étaient exploitées par une seule personne.
La plupart des entreprises (75 %) étaient dans le secteur des services,
la proportion de femmes travaillant dans ce secteur étant légèrement
plus élevée (52 % contre 48 %). Dans le secteur producteur de biens
(surtout l'agriculture), les hommes entrepreneurs composaient la
majorité des entreprises (81 % contre 19 %) (DRHC, 1998). Les données se
rapportant à la Colombie-Britannique indiquent que le nombre de jeunes
(15 à 34 ans) propriétaires de PME a augmenté de plus de 70 % depuis
1995 (BC Stats, 2000, p. 15).
La définition de jeune
entrepreneur varie d'une administration à l'autre. Pour certaines
administrations, les jeunes ont moins de 30 ans, tandis que pour
d'autres, les jeunes ont jusqu'à 35 ans.
Ouvrages de recherche
Dans la littérature qui porte sur le
financement des PME appartenant à des jeunes, il existe très peu
d'études contenant des données empiriques, même si on peut trouver
beaucoup de preuves anecdotiques de l'existence d'obstacles à
l'obtention de financement. Les PME appartenant à des jeunes doivent
surmonter les mêmes obstacles que toutes les entreprises en quête de
capital doivent surmonter. Toutefois, certains des obstacles sont encore
plus prononcés dans ce groupe parce que le jeune entrepreneur n'a pas
une longue feuille de route ni des actifs personnels assez importants à
donner en garantie. À cette situation s'ajoute une forte probabilité à
ne pas avoir d'antécédents en matière de crédit personnel et à être
grevé souvent de gros prêts étudiants à rembourser.
Par conséquent, nombre de publications
sur l'entrepreneuriat chez les jeunes et d'associations de jeunes
entrepreneurs recommandent, aux fins de l'obtention de capital, les
sources privées, notamment l'épargne personnelle, la famille et les
amis, et les investisseurs providentiels. Des faits anecdotiques
rapportés par la Banque de développement du Canada (BDC) semblent
indiquer que l'argent de l'affection est la plus grande source de
financement pour les jeunes entrepreneurs. Au dire d'un directeur de
comptes [TRADUCTION] « D'après ce que je vois, la plupart des
entreprises qui démarrent sont financées de cette manière, du moins en
partie. » (Yearwood, 2000, p. 1).
Selon une étude réalisée par
l'Association ontarienne des centres de consultation pour l'embauche des
jeunes (AOCCEJ, 2000) sur les sources de capital de démarrage utilisées
par 47 nouvelles entreprises ontariennes dans le secteur des
technologies de l'information (TI),
-
46 % des jeunes (définis dans
l'étude comme ayant entre 19 et 30 ans) ont utilisé des épargnes
personnelles;
-
38 % ont obtenu de l'argent de la
famille ou d'amis (argent de l'affection);
-
28 % ont obtenu des prêts ou une
ligne de crédit d'institutions financières;
-
9 % ont obtenu des prêts pour
jeunes entrepreneurs (p. 43).
Fait intéressant, seulement 9 % de ces
entreprises ont utilisé des prêts pour jeunes entrepreneurs, même si ce
groupe se composait de professionnels des TI très instruits (64 %
avaient complété des études post-secondaires) et plein de ressources. En
fait, 40 % des personnes interrogées étaient mécontentes de l'aide
gouvernementale, reprochant notamment les éléments suivants :
« ...programmes inadéquats en faveur des entrepreneurs, prêts coûteux en
raison de l'obligation pour le prêteur d'égaler les fonds alloués,
formalités administratives excessives, difficulté à obtenir de
l'information... ». Ces éléments pourraient expliquer implicitement
pourquoi cette source de capital n'était pas utilisée plus souvent. En
ce qui concerne leurs interactions avec les institutions financières,
66 % des participants à l'étude avaient eu des expériences négatives ou
mitigées. En particulier, ces questions se rapportaient à des refus de
prêt, à des taux d'intérêt élevés et à des frais de service élevés. De
nombreux participants à cette étude avaient utilisé les services
d'organismes communautaires à des fins de formation, de réseautage et de
mentorat, et la plupart (82 %) en avaient eu de bonnes impressions. Pour
résumer, l'étude a constaté que les pratiques gouvernementales et les
institutions financières représentaient des facteurs contraignants pour
ces entrepreneurs. Par ailleurs, 40 % des entrepreneurs manquaient de
capital et de financement au moment de lancer leur entreprise (AOCCEJ,
2000, pp. 35-36).
Le ministère de la Petite entreprise,
du Tourisme et de la Culture de la Colombie-Britannique a chargé RA
Malatest & Associates de coordonner l'élaboration d'une stratégie à
l'intention des jeunes entrepreneurs en Colombie-Britannique (RA
Malatest, 2000). L'étude qui a été faite et les recommandations qui ont
été formulées donnent un aperçu de la façon dont des ressources et des
programmes visant à aider les jeunes entrepreneurs peuvent être
organisés. Voici quelques points saillants du rapport en question :
-
Coordination/centralisation de
l'information sur le programme
L'étude a conclu que beaucoup de programmes visant les jeunes
entrepreneurs n'atteignent pas leur clientèle cible à cause du
manque de coordination entre eux, notamment en ce qui concerne les
programmes de mentorat et les programmes de fonds de démarrage. Dans
certains cas, la concurrence entre les groupes qui offrent ces
services complique encore plus l'accès aux services. Plus de 75 %
des jeunes entrepreneurs interrogés ont déclaré qu'il était « très
important » de créer une ressource centralisée qui servirait de
centre d'échange de renseignements sur les programmes destinés aux
jeunes entrepreneurs. La possibilité de pouvoir compter sur un
« entraîneur » ou une personne attitrée qui connaît bien tous les
programmes a également été recommandée comme moyen d'améliorer
l'accès aux services.
-
L'utilisation du mot « jeune »
dans le nom du programme a souvent fait que les 25 à 30 ans ne
savaient pas qu'il y avait des programmes pour leur entreprise.
-
Les lacunes dans les programmes
existants ont été décrites comme suit :
-
Problème d'accès aux fonds de
démarrage. Seulement un tiers des personnes interrogées ont pu
accéder à des fonds de démarrage pour leur entreprise dans leur
communauté; un autre tiers n'ont pu obtenir de tels fonds. Les
autres sources de fonds de démarrage supposaient des périodes
d'approbation déraisonnables (60 à 90 jours contre 24 à 48
heures dans le cas de la plupart des institutions financières).
-
Soutien de
suivi/post-lancement. La plupart des programmes prévoient une
assistance au titre des études de marché et des activités de
démarrage sans assurer un soutien ni un encadrement à long terme
au jeune entrepreneur. Ce soutien était considéré par les
personnes interrogées comme un élément essentiel au succès à
long terme de leur entreprise.
-
Restrictions sur
l'admissibilité aux programmes. Plus de ressources sont allouées
aux personnes qui bénéficient de l'aide de l'État qu'aux autres
jeunes entrepreneurs.
L'Agence de promotion économique du
Canada atlantique (APECA) a commandé une étude analogue, à plus petite
échelle, auprès d'éventuels jeunes entrepreneurs (20 à 28 ans) de
l'ensemble de la région atlantique (Omnifacts, 2000). Les groupes de
discussion formés aux fins de cette étude ont eux aussi mené à la
conclusion que le groupe cible n'était pas bien au courant des
initiatives et des programmes gouvernementaux. Une autre similitude
était l'impression que le mot « jeune » s'appliquait aux adolescents et
ne comprenait pas les jeunes adultes. Un examen des programmes de
soutien au développement des jeunes entrepreneurs a également été
réalisé par l'APECA en 1995. À ce moment-là, une plus grande proportion
des programmes visaient les « étudiants entrepreneurs » plutôt que les
« jeunes entrepreneurs » de carrière » (APECA, 1995).
Les ouvrages examinés ci-dessus font
des distinctions importantes entre les catégories de jeunes
entrepreneurs. Les données démographiques indiquent que 77 % des jeunes
entrepreneurs travaillent pour leur compte et n'ont pas d'employés. À
cela s'ajoute le haut pourcentage (75 %) d'entreprises du secteur des
services que ces jeunes tendent à lancer. Ces entrepreneurs sont
essentiellement des propriétaires de microentreprises qui ont des actifs
corporels limités et des besoins financiers très différents de ceux
d'une PME en plein essor appartenant à un jeune. Il est important de
faire cette distinction dans la terminologie pour faire en sorte que les
facteurs qui influent sur un groupe ne soient pas noyés dans les données
concernant l'autre groupe. Le groupe des microentreprises risque
beaucoup plus d'éprouver des problèmes de crédit personnel dans sa
recherche de financement qu'une PME appartenant à un jeune qui a des
actifs dans une branche d'activité présentant un fort potentiel de
croissance. Pour mieux distinguer les besoins financiers des jeunes, il
vaudrait mieux subdiviser le groupe en fonction de la taille de
l'entreprise et de la branche d'activité qu'en fonction de l'âge.
Aperçu des programmes canadiens de prêt
aux jeunes entrepreneurs
Le site Web Youth Business.com (http://www.youthbusiness.com/)
contient toute une série de liens très utiles vers des ressources de
mentorat, de réseautage et de financement régionales à l'intention des
entreprises appartenant à des jeunes Canadiens. Plusieurs des programmes
nationaux ou des grands programmes régionaux sont mentionnés ci-dessous.
La Fondation canadienne des jeunes
entrepreneurs (site Web :
http://www.cybf.ca/) offre aux jeunes entrepreneurs admissibles de
tous les coins du Canada des capitaux d'amorçage sous la forme de prêts
remboursables sur 3 à 5 ans pour l'achat de services jusqu'à concurrence
de 10 000 $. De plus, des mentors provenant du monde des affaires
travaillent avec le jeune entrepreneur en lui transmettant leurs
compétences en affaires et en l'aidant à perfectionner ses connaissances
professionnelles. Les données tirées de ce site Web indiquent que 565
entreprises ont vu le jour grâce aux fonds de la FCJE. Selon le
directeur des programmes de prêts de la FCJE, 50 % des nouvelles
demandes de prêt sont approuvées au moment de la présentation initiale
et 35 % le sont après la présentation de renseignements supplémentaires
(Yearwood, 2000).
La Banque de développement du Canada
(site Web :
http://www.bdc.ca/) a un programme de prêts sans intérêt à
l'intention des étudiants entrepreneurs, dans le cadre duquel jusqu'à
3 000 $ et des conseils en affaires peuvent être fournis aux jeunes
entrepreneurs pour les aider à démarrer et à exploiter une entreprise au
cours de l'été. La BDC a aussi un programme de financement pour jeunes
entrepreneurs à l'intention des entrepreneurs âgés de 18 à 34 ans. Du
financement à terme jusqu'à concurrence de 25 000 $ et 50 heures de
soutien personnalisé en gestion des affaires sont offerts aux jeunes
entrepreneurs pour faire en sorte que des projets commercialement
viables puissent décoller.
Il existe aussi des programmes
régionaux qui viennent en aide aux jeunes entrepreneurs, dont ceux de la
Société d'aide au développement des collectivités (site Web :
http://www.communityfutures.ca/) dans l'Ouest du Canada, de l'Agence
de promotion économique du Canada atlantique (site Web :
http://www.acoa.ca/) et de la Corporation locale de développement
économique (site Web :
http://www.cbdc.ca/) au Canada atlantique, de l'Association des
sociétés de développement communautaires de l'Ontario (site Web :
http://www.oacfdc.com/) ainsi que le Programme d'aide financière aux
jeunes entrepreneurs (site Web :
http://www.sij.qc.ca/) au Québec.
Beaucoup d'autres programmes
provinciaux ou locaux ont été relevés au cours de la présente revue de
la littérature. Comme il est indiqué dans les études examinées plus
haut, il importe de centraliser l'accès à ces programmes pour jeunes
entrepreneurs. Le site Web Youth Business.com fait du bon travail pour
les grands programmes au pays, mais de nombreux programmes provinciaux
et programmes locaux ne sont pas inclus dans cette base de données.
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