Comment réussir la succession de votre entreprise familiale
Les entreprises familiales sont d’importants piliers de l’économie canadienne, puisqu’elles génèrent plus de 45 % du produit intérieur brut. Malheureusement, près des deux tiers d’entre elles ne survivent pas à la transition vers la deuxième génération, tandis qu’un autre deux tiers disparaissent à la troisième génération.
Pourquoi en est-il ainsi ? D’après Bruce Ball, auteur du Guide to the Family Business (cet ouvrage, publié par la firme canadienne Carswell, n’est disponible qu’en anglais), cela est surtout dû au fait que très peu d’entreprises familiales se donnent la peine d’établir un plan précis préparant leur succession. Sans ce dernier, elles s’exposent à des périodes d’instabilité aussitôt que le propriétaire exploitant prend progressivement sa retraite. Le fonds de roulement et les capitaux de placement peuvent diminuer, tandis que la richesse personnelle risque de s’amoindrir à cause de mauvaises décisions d’investissement et de certaines conséquences fiscales et juridiques. Mais quand on néglige de planifier sa succession, il n’y a pas que l’argent qui en subisse les contrecoups : il y a également les relations familiales.
En fait, la majorité des échecs liés aux successions d’entreprises familiales sont causés par la dynamique familiale. Rivalités fraternelles, visions divergentes de l’entreprise, absence d’un successeur convenable, désaccord au sujet des rôles et des droits parentaux... Ce ne sont pas les sujets de différends qui manquent ! Et sans plan pour faire face à ces problèmes, ils peuvent devenir paralysants. La famille souhaite alors éviter à tout prix un conflit ouvert, une situation pouvant nuire aux prises de décision. S’il n’est pas toujours facile d’élaborer une planification de la succession (entre autres parce que c’est long à faire !), elle est vraiment utile. Voici certains éléments qui pourront vous aider à en assurer le succès.
1. Amorcez le processus le plus tôt possible
Si la plupart des propriétaires d’entreprise ont déjà songé à la succession, ils remettent généralement à plus tard sa planification concrète et sa mise en oeuvre. Mais plus vous commencez tôt le processus, plus vos chances de réussite augmentent.
2. Établissez un calendrier précis pour le processus
Un calendrier précis aide les personnes concernées à savoir exactement ce que l’on attend d’elles et quand. Il faut éviter les références temporelles vagues (par exemple, dire que vous continuerez à travailler jusqu’à ce que les responsabilités quotidiennes deviennent trop lourdes pour vous). Il est nécessaire de fixer des dates, au moins pour les événements suivants :
la retraite du propriétaire de l’entreprise ;
le transfert de l’actionnariat ;
le transfert du contrôle des voix.
À moins de circonstances inhabituelles, vous devriez respecter le calendrier que vous avez élaboré. Sinon, toute la crédibilité de votre plan risque d’être contestée par les personnes concernées.
3. Maintenez le plan de succession aussi ouvert que possible
En deux mots, la dynamique familiale au sein d’une entreprise peut se résumer à : « Qui a dit quoi à qui ? » et « Qu’est-ce que ça voulait dire ? » Sachant cela, votre succession aura de plus grandes chances de réussite si chaque personne concernée a une bonne compréhension de la stratégie, de la planification et de la mise en oeuvre. Et surtout, le rôle de chaque personne doit être clairement compris.
L’une des meilleures façons d’y parvenir consiste à documenter le plan de succession et à le rendre accessible aux personnes qui participent directement au processus. Évitez cependant d’ajouter des modifications verbales non officielles, à moins que ce ne soit dans le cadre d’une réunion familiale concernant le plan. Le cas échéant, assurez-vous ensuite de les intégrer au plan écrit.
La plupart des conseillers d’entreprises familiales suggèrent d’organiser des réunions expressément pour discuter de la succession, car cela permet à toute la famille de se concentrer sur le sujet. Et s’il est préférable d’arranger les rencontres en terrain neutre (loin de l’entreprise ou de la maison !), il est en revanche fortement déconseillé de parler affaires pendant les réunions familiales.
Source : Bruce Ball
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