La transmission d’entreprises familiales
Il est bien connu qu’au cours des 10 et 15 prochaines années, environ 50 % des propriétaires de petites et moyennes entreprises au Québec prendront leur retraite, et une grande partie de ces entreprises sont des entreprises familiales qui font face au plus important défi de leur existence : celui d’assurer leur continuité.
Bien qu’il semble assez simple au premier abord de passer les commandes à la génération qui suit, plusieurs facteurs spécifiques à ce genre de transaction en font une aventure bien différente d’une vente d’entreprise à des intérêts étrangers.
Et l’un des points les plus importants dans le transfert d’une entreprise familiale, c’est que la transaction durera aussi longtemps que les vendeurs (les parents) vivront, contrairement à la vente à des intérêts étrangers, où la transaction sera normalement terminée une fois les argents versés et le contrat complété.
Les membres de la famille impliquée dans la transaction ont donc tous et chacun un intérêt bien particulier à compléter une transaction aussi parfaite que possible de façon à éviter des problèmes qui pourraient refaire surface autour de la table quelques années plus tard. Sans compter le tourbillon d’émotions qui entrent en jeu lors d’une négociation parents - enfants.
En premier lieu, parce que les acheteurs sont d’habitude assez jeunes et qu’ils débutent souvent dans la vie avec une jeune famille, ils ne possèdent pas toujours les liquidités nécessaires pour effectuer un achat conventionnel.
L’une des solutions envisagées pour transférer l’entreprise consiste donc à effectuer un gel successoral ; mais malgré sa relative simplicité, certaines étapes devraient être respectées pour en assurer le succès pour les deux parties.
Étape no 1 : sécuriser les vendeurs. L’inquiétude qui vient avec la vente de l’entreprise (et la retraite qui arrive souvent en même temps) amène chez les vendeurs un degré d’insécurité parfois inconnu auparavant. Il est temps pour eux de concrétiser les rêves de toute une vie.
La première étape consiste donc à effectuer une analyse complète de leur situation financière : d’abord évaluer les besoins de revenus basés sur le style de vie actuel, prévoir une réserve financière suffisante pour faire face aux imprévus, préparer des scénarios de revenus de retraite très conservateurs, réviser en entier l’aspect légal et successoral, c’est-à-dire réviser les testaments et mandats en cas d’inaptitude, et enfin clarifier la situation fiscale actuelle et future.
Ce n’est qu’une fois cet exercice complété que les vendeurs pourront être à l’aise dans les négociations qui s’en viennent.
Étape no 2 : Bien qu’il soit d’une importance primordiale de sécuriser les parents, il est aussi nécessaire de faire en sorte que l’entreprise demeure en excellente santé financière et qu’elle soit en mesure de générer la croissance suffisante aux besoins et objectifs des acheteurs.
Cela peut s’avérer évident dans le cas d’une entreprise de taille moyenne, mais lorsqu’il s’agit d’une petite entreprise familiale, les ressources peuvent être plus limitées et il est donc d’autant plus important de planifier les liquidités à court et moyen terme.
Le gel successoral
Le gel successoral permet de transférer la croissance future de l’entreprise aux enfants tout en conservant le contrôle de l’entreprise pour une période déterminée à l’avance (d’habitude le temps qu’il faut aux acheteurs pour payer les vendeurs). Voici donc un schéma simplifié de l’effet d’un gel successoral pour une petite entreprise familiale.
Supposons dans cet exemple que l’entreprise est « vendue » pour le prix de 1 million. Des actions privilégiées d’une valeur de 1 million sont émises aux parents et seront rachetées à même les profits générés par l’entreprise, ce qui permettra aux acheteurs d’acquérir graduellement l’entreprise.
En conclusion, le transfert d’une entreprise familiale nécessite beaucoup plus que des prévisions financières ; pour les fondateurs, le fait d’abandonner les commandes de leur entreprise exige parfois un certain degré d’humilité face au changement le plus important de leur vie. Et du côté de la relève, il s’agit du plus grand défi auquel ils devront faire face au cours des années à venir.
Vous pouvez joindre M. Michel Roy du Groupe Action Financière au (418) 624-0850 ou par courriel au mroy@gaf.qc.ca
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