La guerre de la relève

jeudi 17 juin 2010.

Tous les ac­teurs sociaux et économi­ques savent maintenant que les jeunes qui prendront la relève des baby-boomers sont en trop petit nombre. Ils craignent qu’une main-d’œuvre insuffisante ne conduise à une diminution de l’activité économique dans leur secteur. Il en résulte une guerre pour la relève, dans laquelle les médias servent de champ de bataille.

La semaine dernière, nous avons observé une de ces batailles médiatiques, alors que trois secteurs d’activités s’affrontaient. D’abord, le Groupe Réseau Action TI a publié un communiqué exprimant son inquiétude devant l’absence de relève en informatique, alors que l’avenir de notre économie passerait par le numérique. L’absence d’une relève suffisante dans les métiers de l’informatique, a déclaré le groupe, pourrait grandement compromettre l’économie québécoise.

À son tour, la Chambre d’assurances des dommages nous a rappelé la pénurie persistante de main-d’œuvre dans son secteur et le manque d’intérêt de la relève pour l’assurance, une industrie pourtant essentielle. La même semaine, des intervenants de l’industrie du bois de la Côte-Nord se sont plaint que la récolte du bois était menacée par le manque d’intérêt des jeunes pour leur industrie.

Se battre à coups de communiqués annonçant la catastrophe et de campagnes de séduction dirigées vers les jeunes ne changera rien au manque de relève. On ne fait que tirer la « couverte » de son bord, mais c’est toujours la même « couverte ». Il faut déclarer l’armistice et se tourner vers d’autres solutions.

Or, les économistes nous rappellent fréquemment que le niveau de vie au Québec n’est pas menacé seulement par sa relève trop petite, mais aussi par la stagnation de sa productivité. C’est l’évidence ! S’il y a moins de main-d’œuvre, chacun devra produire davantage si nous désirons jouir de la même quantité de biens et de services et voir notre économie continuer de croître. Cela pourra être accompli en automatisant nos tâches et en cherchant d’autres moyens d’accomplir le travail rapidement et efficacement.

La main-d’œuvre devra aussi devenir plus polyvalente. Comme il y aura moins de travailleurs, mais la même variété de tâches à réaliser, certains devront être en mesure d’assumer plusieurs fonctions. Par exemple, un vendeur devra aussi s’occuper de la gestion d’événements promotionnels ; un spécialiste du marketing devra aussi maîtriser la rédaction publicitaire.

Les formations courtes et pratiques, surtout en entreprise, sont dans ce contexte promises à un bel avenir. Nous aurons continuellement besoin d’apprendre, d’ajouter des compétences à notre répertoire. Si vous cherchez déjà une formation semblable, Jobboom Formation, en collaboration avec Emploi-Québec, en a produit un répertoire.

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